De l’humour.

https://www.nouvelobs.com/societe/20180421.OBS5560/la-boule-au-ventre-je-n-ai-rien-ose-dire-a-mes-enfants-face-au-sketch-les-chinois.html

Moi, Gad Elmaleh me fait rire, normalement. Kev Adams, c’est un peu moins ma tasse, mais pourquoi pas.
Sur ce coup-là, il semble qu’ils fassent souffrir des gens.
Et pour une fois, j’ai même pas besoin d’avoir vu le sketch pour avoir un avis.

il s’agit de cet éternel processus qui consiste à « faire de l’humour » tout en disant à celui que ça blesse que c’est lui qui a tort…
C’est le même mécanisme qui est à l’oeuvre quand, par exemple, une femme (ou qui que ce soit) a subi des attouchements, et qu’on lui ordonne de ne pas trouver ça grave (#puisque t’as pas été violé(e) !).

Un autre exemple tout bête (il ne s’agit pas d’humour, mais ça marche pareil) : le ventre des femmes enceintes. Le nombre de gens qui se croient autorisés à le toucher sans demander, alors que jamais ils ne se permettraient (ou même n’auraient l’idée !) de toucher le ventre de la même personne si elle n’était pas enceinte ? (Et même, si on leur proposait de le faire, ça les choquerait !)
Mais voilà.
« C’est pas pareil, et puis c’est pas méchant de toucher une femme enceinte contre son gré, alors c’est pas grave ! »
Donc, la femme enceinte n’a pas le droit de trouver choquant, intrusif et malpoli, qu’on prenne une partie de son corps pour un doudou universel en libre-service…

Moi, j’ai grandi dans une famille qui balançait des vacheries tout le temps, des trucs bien blessants, bien humiliants, des bonnes vieilles saloperies… avec ce même discours à base de « C’est de l’humour, tu es bien chochotte ! ». (L’autre argument étant : « C’est pour que tu t’améliores ! »)
Et si tu manifestais que tu étais blessé(e), c’était encore pire.
Parce qu’ils étaient très nombreux.
Alors forcément, ils se cautionnaient les uns les autres, et ils s’y mettaient à plusieurs.
Il y avait même une revendication de « culture familiale ». C’était « L’esprit J… ».
(Moi, je sais pas comment étaient les J…, j’ai connu que les P… et ce qu’ils en faisaient de cet esprit J…)
Mais donc l’ambiance globale, c’était : « On est beaucoup à trouver ça très drôle, donc ça l’est. Si tu n’es pas d’accord, c’est forcément toi qui as tort ».
Ils avaient un public, en quelque sorte.
JDC, JDR.

Du coup, moi, j’ai appris à faire pareil, et à attaquer la première.
Pour survivre.
Je suis devenue comme eux. Une langue de vipère pleine d’humour. « Pleine d’esprit », disait-on. Je suis même arrivée dans le peloton de tête parce que je suis douée avec les mots.

Jusqu’à ce que mes copains d’adolescence me disent :
« Toi, tu dis toujours des vacheries, ça tape toujours dans le mille, et ça fait super mal ! »
Et ma première réaction a été de me dire : « Ouais, mais c’est drôle ! »
Et d’être emmerdée de, peut-être, devoir y renoncer.
Quand j’y repense, j’ai un peu la nausée.

C’est qu’ils étaient précieux pour moi, ces copains d’adolescence. Parce qu’il m’avait fallu des années pour les avoir. Les enfants précoces, dans la cour de l’école, ça connait surtout le solitude et l’exclusion. J’ai passé mes années d’enfance, toute seule au bord de la piste, à regarder les autres jouer, vivre, et rigoler ensemble, en me demandant comment ça marchait, et à quel moment j’y arriverai moi aussi.
Et là, j’étais enfin sur cette piste. En train de dézinguer les gens qui m’y avaient accueillie.

Alors ma deuxième réaction a été :
« Ils ont raison, et tu sais parfaitement le mal que tu leur fais, parce que c’est le mal qu’on te fait, à toi, tous les jours depuis 16 ans. Donc non, c’est pas « drôle », et tu es la mieux placée pour le savoir… »

Et j’ai arrêté.
La langue de vipère est toujours là, prête à l’emploi. Ça m’arrive de m’en servir en cas de situation extrême.
Mais j’ai décidé que les violences verbales et psychologiques n’étaient pas un mode de communication tolérable.
Et que lorsque quelqu’un dit « Tu me blesses », il y  a quelque chose à écouter.
Tout de suite.

Share

Saloperies

Tout à l’heure, je suis passée sous un balcon, et un mégot m’a ratée de peu. Et quand j’ai regardé par terre, il était flagrant que c’était un comportement quotidien des habitants de ce balcon.

Mégots, chewing-gum et plastique

In la Croix, aujourd’hui.

Il y a un… super-pouvoir ?… dont je rêve.
J’ai commencé à écrire un truc là-dessus… Je ne sais pas si je le développerai plus que ça.
Disons que c’est un Work in Progress in Stand-By.

« Au début, on ne s’était pas vraiment rendu compte. Ça avait commencé petitement.

On ne remarque pas quand on est suivi par un mégot, un ticket de métro ou un mouchoir en papier usagés.

Et puis, des choses plus grosses ont commencé à se déplacer, comme des emballages de burgers ou de kebabs, des canettes, des gobelets…

Les gens ont voulu croire que c’était le vent, mais ça n’a pas duré. Parce que les détritus se dirigeaient dans des directions différentes. On a fini par comprendre qu’ils suivaient des personnes.

Et ça, on en a été sûr quand les crottes de chien pas ramassées ont commencé à suivre les chiens et leurs maîtres. Ça a notablement amélioré le taux de ramassage. Parce que si les propriétaires ne le faisaient pas, en plus d’être clairement désignés à l’opprobe sociale, les crottes finissaient dans leurs logements. Certains essayèrent alors d’abandonner leur animal. La rumeur dit qu’en rentrant, ils auraient trouvé leur domicile souillé par un volume de crottes équivalent à ce qui est généré par un refuge pour animaux, avec une récurrence d’une durée équivalente aux années de vie qui restaient encore à l’animal abandonné.

Les gens ont assez rapidement cessé de jeter des trucs parterre, le nombre de poubelles a augmenté, et le service de voirie les a vidées plus souvent.

Mais ça ne s’est pas arrêté là.

Les décharges sauvages ont commencé à se vider d’elles-mêmes, et les gens qui les avaient créées ou alimentées retrouvaient leurs cochonneries installées dans leur salon.

Certains ne voulaient toujours rien savoir, mais la situation est devenue plus tendue : les déchets sont devenus agressifs. Ils se collaient aux gens. Ils les bousculaient. Ils les poursuivaient.

On ne pouvait plus jeter une canette n’importe où, sans qu’elle vous saute dessus et vous frappe de façon répétée, jusqu’à ce qu’on la mette à la poubelle. Il s’avéra assez rapidement que c’était le seul moyen pour que ça s’arrête.
Là, les décharges sauvages ont été nettoyées vite fait, parce qu’être harcelé et poursuivi par des gravats, des madriers, une carcasse de voiture ou une grosse pièce d’électro-ménager, ça peut faire très mal. Et puis ça vous désigne aux yeux de la Loi.

D’ailleurs, certains représentants prirent grand plaisir à aller verbaliser ceux qui n’avaient pas pris leurs dispositions à temps.

Mais d’autres représentants de cette même Loi subirent eux-même les conséquences de ce qu’ils avaient autorisé ou pas sanctionné, ou des décisions qu’ils n’avaient pas prises. Leurs locaux, leurs bureaux, et parfois même leurs domiciles se virent envahis par toutes les nuisances générées par leur négligence, ou leurs petits arrangements.

Dans le même temps, de gigantesques marées noires et autres pollutions industrielles majeures s’abattirent sur les bureaux des entreprises et multinationales responsables, et sur les domiciles privés et toutes propriétés détenues par les décisionnaires qui les avaient générées. Le principe de dilution des responsabilités ne fonctionna absolument pas.

On était entré dans l’ère des conséquences… »

Share

La Croix : L’envers des Chats

Le Chat, ce drame écologique

in La Croix, 12 avril 2018.

Ils nous contrôlent sur Internet et nous manipulent perfidement avec leur mignonitude perverse.
Moi, je les adore, même quand ils veulent se coucher sur mon bras droit (celui qui travaille),  ou sur ma tablette ou mon clavier en cours d’utilisation, qu’ils font semblant de ne pas comprendre quand je les envoie bouler, qu’ils miaulent comme des perdus devant la porte de ma chambre à 5 heures du matin (là, j’ai quand même un peu envie de les tuer), ou quand je découvre des vomis cachés sous les coussins du canapé (Oui, là aussi), ou quand la lumière rasante qui traverse la Principauté au lever et au coucher du soleil me démontre que le poil de chat domine le monde, malgré les efforts de R3D3, le petit aspirateur robot qui quadrille les lieux.

Mais voilà, les chats pullulent et dézinguent les oiseaux et les petits mammifères, dont les populations s’effondrent, déjà qu’ils sont gavés de saloperies de pesticides.
UN seul chat peut détruire toute une colonie d’oiseaux, s’il est introduit dans leur milieu.
Moralité : il faut stériliser ses animaux pour contrôler leur population, et leur coller un grelot autour du cou, pour  laisser une chance à d’autres espèces.

PS : D’après la fondation 30 Millions d’Amis, un couple de chats, c’est potentiellement 20 000 (oui, 20 000 !) chats en plus au bout de 4 ans

Share

La Flore Principautière

#Jardinière nulle, orchidée fleurieLa vérité, c’est que les plantes font ce qu’elles veulent, si elles veulent, et que j’y connais rien.
J’en reviens pas d’avoir réussi déjà à ne pas la faire crever, celle-là. Mais alors qu’elle fleurisse, je suis aussi stupéfaction. Et j’en ai une toute petite qui nous prépare un truc aussi…

Et, concernant la Faune Principautière, faut quand même que je donne des nouvelles de mon chat.
A 99%, il avait un cancer.
Et finalement, c’est le 1% qui l’a emporté. Il va bien.
Je suis joie. Le véto aussi.
Si je trouve le temps, faudra quand même que je vous raconte les 8 jours de collerette +agrafes, et la prise des antibiotiques pendant 3 semaines.

chat

Share