Saloperies

Tout à l’heure, je suis passée sous un balcon, et un mégot m’a ratée de peu. Et quand j’ai regardé par terre, il était flagrant que c’était un comportement quotidien des habitants de ce balcon.

Mégots, chewing-gum et plastique

In la Croix, aujourd’hui.

Il y a un… super-pouvoir ?… dont je rêve.
J’ai commencé à écrire un truc là-dessus… Je ne sais pas si je le développerai plus que ça.
Disons que c’est un Work in Progress in Stand-By.

« Au début, on ne s’était pas vraiment rendu compte. Ça avait commencé petitement.

On ne remarque pas quand on est suivi par un mégot, un ticket de métro ou un mouchoir en papier usagés.

Et puis, des choses plus grosses ont commencé à se déplacer, comme des emballages de burgers ou de kebabs, des canettes, des gobelets…

Les gens ont voulu croire que c’était le vent, mais ça n’a pas duré. Parce que les détritus se dirigeaient dans des directions différentes. On a fini par comprendre qu’ils suivaient des personnes.

Et ça, on en a été sûr quand les crottes de chien pas ramassées ont commencé à suivre les chiens et leurs maîtres. Ça a notablement amélioré le taux de ramassage. Parce que si les propriétaires ne le faisaient pas, en plus d’être clairement désignés à l’opprobe sociale, les crottes finissaient dans leurs logements. Certains essayèrent alors d’abandonner leur animal. La rumeur dit qu’en rentrant, ils auraient trouvé leur domicile souillé par un volume de crottes équivalent à ce qui est généré par un refuge pour animaux, avec une récurrence d’une durée équivalente aux années de vie qui restaient encore à l’animal abandonné.

Les gens ont assez rapidement cessé de jeter des trucs parterre, le nombre de poubelles a augmenté, et le service de voirie les a vidées plus souvent.

Mais ça ne s’est pas arrêté là.

Les décharges sauvages ont commencé à se vider d’elles-mêmes, et les gens qui les avaient créées ou alimentées retrouvaient leurs cochonneries installées dans leur salon.

Certains ne voulaient toujours rien savoir, mais la situation est devenue plus tendue : les déchets sont devenus agressifs. Ils se collaient aux gens. Ils les bousculaient. Ils les poursuivaient.

On ne pouvait plus jeter une canette n’importe où, sans qu’elle vous saute dessus et vous frappe de façon répétée, jusqu’à ce qu’on la mette à la poubelle. Il s’avéra assez rapidement que c’était le seul moyen pour que ça s’arrête.
Là, les décharges sauvages ont été nettoyées vite fait, parce qu’être harcelé et poursuivi par des gravats, des madriers, une carcasse de voiture ou une grosse pièce d’électro-ménager, ça peut faire très mal. Et puis ça vous désigne aux yeux de la Loi.

D’ailleurs, certains représentants prirent grand plaisir à aller verbaliser ceux qui n’avaient pas pris leurs dispositions à temps.

Mais d’autres représentants de cette même Loi subirent eux-même les conséquences de ce qu’ils avaient autorisé ou pas sanctionné, ou des décisions qu’ils n’avaient pas prises. Leurs locaux, leurs bureaux, et parfois même leurs domiciles se virent envahis par toutes les nuisances générées par leur négligence, ou leurs petits arrangements.

Dans le même temps, de gigantesques marées noires et autres pollutions industrielles majeures s’abattirent sur les bureaux des entreprises et multinationales responsables, et sur les domiciles privés et toutes propriétés détenues par les décisionnaires qui les avaient générées. Le principe de dilution des responsabilités ne fonctionna absolument pas.

On était entré dans l’ère des conséquences… »

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8 réflexions au sujet de « Saloperies »

  1. J’ai failli recevoir comme ça (l’est pas passé loin) un iphone (noir) d’une personne qui secouait sa carpette (noire elle aussi) par la fenêtre du 5e étage, et les mégots aussi bien évidemment, sans parler de l’eau sale des balcons des personnes « propres » qui évacuent leur saleté sur les passants. Il y a aussi les coton-tiges. Certains dans mon groupe d’immeuble balancent des couches usagées par la fenêtre et je me suis même fait traiter une fois de gestapiste par une bonne femme à qui je faisais remarquer qu’elle aurait pu jeter son papier à la poubelle à portée de main. Bref… Il y a des comportements que l’on va qualifier d’étonnants.

    J’aime beaucoup le texte, il y a sûrement matière à développer voire à faire un livre illustré sur le sujet et je suis sûre que ça plairait à un éditeur.

  2. Oui H**** un livre. J’adore le texte. J’imagine les illustrations. J.en achète immédiatement pour les mettre dans les chambres de mon hôtel et les offrir au personnel et clients pour que eux aussi « work on progress »….

    • Quand je vois à quel point des opinions nauséabondes séparent les gens en ce moment, ça me fait mal au cul que des gars comme eux fassent ce genre de trucs et refusent d’entendre la douleur qu’ils provoquent…

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