La Croix : Harcèlement

La Croix a publié cet article, lundi dernier. Le lundi, c’est le jour où je commence à chercher des idées pour livrer un dessin dans les 48 heures, qui sera publié le jeudi.
Evidemment, ce texte m’a renvoyée à ce thème récurrent du harcèlement sexuel… Ça fait 4 fois que je dessine là-dessus, mais je pourrais en parler toutes les semaines.
On croit que les gens ont compris… Mais en fait, non.
Depuis des années, on lit des articles dans la presse sur le harcèlement sous toutes ses formes : psychologique, sexuelle, scolaire, au travail…
Et en 2019, on découvre La Ligue du LOL. Des journalistes. Qui bossent dans les médias qui ont publié ces articles.
Bravo les gars.
Ah oui, pardon, vous étiez jeunes et cons ?
Et vous vous excusez ?

Moi, j’ai un problème avec les excuses.
J’ai été harcelée psychologiquement pendant une très longue période de ma vie. Au bout de laquelle, j’ai reçu de vraies excuses. Des excuses spontanées, pas issues d’une révélation publique qui mettait le harceleur en difficulté socialement. J’ai eu droit à une vraie demande de pardon de sa part, phénomène probablement rare, issu d’un long travail sur lui-même.
Mais les excuses, ça n’est pas magique. Ça ne répare pas 25 ans de dégâts accumulés.
Pour ça, il a fallu plus de temps, et un vrai comportement au cours des années qui ont suivi, de la part de mon harceleur pour réparer ce qui pouvait l’être.
Je dis bien ce qui pouvait l’être…
Parce que des choses ont été perdues à jamais.
Et aujourd’hui encore, malgré le pardon que j’ai accordé tout aussi sincèrement, je mesure tous les jours à quel point ma vie a dévié de ce qu’elle aurait pu être, et à quel point les traumas sont toujours actifs sous la surface.
Je fais avec. Ils définissent aussi qui je suis devenue, ils alimentent mon travail et mon rapport au monde.
Mais ça ne veut pas dire que c’est facile ou comfortable.
Et je sais qu’ils me suivront jusqu’au bout de ma vie.
Mon harceleur aussi porte le poids de ses actes. Parce que lui ne s’est pas comporté comme ça parce qu’il se trouvait tellement brillant et drôle, et qu’il lui fallait un faire-valoir pour le démontrer.
Il a fait ça parce qu’il vivait une souffrance dans laquelle il se sentait tellement piégé, qu’il l’a projetée sur moi, parce qu’il pensait n’avoir pas d’autre exutoire.
Et devenir un bourreau n’a fait qu’ajouter à cette souffrance.
Le poids de la honte d’être ce type-là.
C’est pas tout à fait la même chose que de maltraiter des gens, pour pouvoir se pavaner devant des copains et des suiveurs hilares. Voire pour des raisons carriéristes…

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Cherche personne de ménage…

… Enfin, pas tout de suite, mais vivement que j’ai le budget !
Fat Bottom Guy with a vacuum cleanerCe dessin ci-dessus, c’était pour compenser, sur mon Instagram, le dessin ci-dessous, qui pouvait être interprété comme sexiste.
Carpet lady

En fait, ceux qui me connaissent savent que j’aime bien dessiner des popotins, des courbes, des sphères, des trucs ronds…. Et j’aime bien dessiner des gros.
Bon, j’aime bien dessiner des gens de toutes les formes, en général. En fait, il n’y a même que ça qui m’intéresse ; pour le décor, je me force.
Et donc, j’aime dessiner des gros. Les volumes, les courbes, l’équilibre des masses, c’est très intéressant…
Après, pour l’avoir été, je sais que c’est pas du tout marrant à vivre. Alors quand je vois un obèse, je ne porte pas de jugement. Par contre, je suis toujours intéressée par la façon dont la personne… habite ce volume.
Parce que la manière dont on habite son propre corps, avec bienveillance ou désespoir, ça change la perception que les gens en ont.
Aujourd’hui, il y a ce dessin, dans la Croix, qui m’a occasionné une discussion, avec Micka, la DA, à propos du regard courant sur un corps obèse.

Inégalités et uniforme à l'école
Parce que ma première version, c’était ça. Et elle a dit : « C’est cruel ! »
Inégalités à l'école, uniforme et obésitéIl m’a fallu une minute pour me dire : « Ah oui, elle a raison ! les gens vont le regarder méchamment, ce petit gros ! »…
Alors que moi, j’ai adoré dessiner ce petit bonhomme tout rond, et que je voulais qu’on comprenne ce que l’uniforme risquait de lui faire vivre..
Mais en même temps, je l’exposais au jugement et à la moquerie, et ça faussait ce que je voulais faire passer.
My mistake.
Des fois, on est mal réveillé.

Bref, ce que je voulais dire, c’est que l’uniforme à l’école, ça va peut-être gommer les inégalités économiques apparentes, mais ça va mettre en avant les inégalités physiques…
Parce qu’il ne faut pas se leurrer, les uniformes, ils ne vont pas être conçus pour différentes morphologies, il va y avoir  2 ou 3 tailles différentes, si on a de la chance. Mais ça n’ira jamais à tout le monde…
On va juste échanger un chagrin contre un autre…

(Wow ! En commençant ce billet, j’avais rien à dire, et j’ai fini par parler sexisme, obésité, regards malveillants, inégalités économiques, inégalités morphologiques, mal-être et uniforme à l’école.
Je suis trop forte.)

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La Croix : Coming Out

Coming out hétérosexuel

J’aurais bien utilisé un langage un poil plus trash, mais sur certains sujets, avec le lectorat de la Croix, faut pas être frontal.

J’ai fait 2 versions… A la Croix, le dessin ci-dessus leur semblait ambigü, genre on va comprendre « les homos nous enquiquinent avec leur coming-out… »
Moi, j’ai décidé de traiter ce sujet d’abord à cause de la manif de samedi dernier contre l’homophobie, et parce que j’ai lu un article je ne sais plus où, qui parlait d’une sportive qui a fait son coming out.
Mon ressenti, c’est que je ne comprends même pas pourquoi les homos doivent faire des coming out. Les hétérosexuels ne le font jamais !… Ça ne devrait pas être un sujet, pour personne.
Mais bon, j’ai changé le dessin. J’y vais toujours prudemment avec ce lectorat… Ça me bride même graphiquement.
Et me brider graphiquement, c’est un problème récurrent que j’ai avec ce job, d’une manière générale… Va falloir que j’arrive à trouver des angles différents.

Coming Out 2eme version

La version publiée ce matin…

 

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Un (petit) corps de rêve avec popotin…

Un (petit) corps de rêve avec popotin

Parce qu’on peut rêver sur d’autres configurations que Gisèle B., je trouve

Et pourquoi ça ne serait pas un corps de rêve ?
Moi, j’aime bien les corps qui trouvent un équilibre dans la disproportion… Tout est question d’harmonie, au fond.
Et parfois cette harmonie vient de la façon dont la personne habite son corps, pas de la forme qu’il a.

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Les institutions maltraitantes

J’ai un passé hospitalier, je connais bien le travail de soignant. Quand je lis des témoignages de soignants actuels, ça me met vraiment hors de moi… Je réalise que j’ai eu la chance de travailler à une époque où on était assez nombreux pour faire le boulot dans des conditions décentes. Je ne dis pas que c’était facile. Mais on arrivait à traiter les malades avec égard, sans s’épuiser physiquement et humainement.

Travailler à l'hôpital en 2018.

Recherche graphique, 2018.

 

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