La Croix : “L’assistanat”

79-LaCroix79-soupçonC’est vrai, c’est tellement plus simple de trouver anormal d’aider des gens dont on a éradiqué les emplois. Surtout quand on n’a aucune idée de ce que c’est de vivre avec rien.
Alors sûrement, il y en a qui truandent. Mais pourquoi devrait-on sanctionner tous les autres qui font ce qu’ils peuvent dans des conditions de survie, et à qui on propose des jobs impossibles, soit parce qu’ils ne sont pas compétents pour les faire, soit parce qu’il y a 3 heures de transport à leurs frais, soit parce que ça ne tient pas compte de leurs contraintes (garde d’enfants, etc…) ?
Supprimons donc les aides. Que restera-t-il à ceux qui n’ont rien, sinon s’en prendre violemment à ceux qui ont ?
L’assistanat, c’est aussi la paix sociale.
Et c’est aussi la justice : si on n’a pas su préserver des emplois pour ces gens, on leur doit des les aider à survivre. Ou alors, fallait pas encourager la population à se reproduire pour payer les retraites de ceux qui ont décidé du système.
Revenu Universel Power.

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La Croix : #Metoo

J’avais déjà publié ce dessin ici, avec un dialogue différent, mais pour des raisons similaires. A l’époque, c’était à propos du comportement de certains de nos députés et hommes politiques
J’ai modifié les textes (et un petit détail graphique !), pour la parution d’aujourd’hui dans La Croix.
Mais hélas, c’est toujours la même chose…

Harcèlement sexuelEt puis sur Facebook, ces jours-ci, j’ai publié le texte suivant :

#metoo
Hélas, je ne crois pas qu’une seule d’entre nous ait échappé à cette expérience.

Et parfois, le harcèlement commence dans ta famille, avec l’infinie et quotidienne liste de petites humiliations, à propos de ton physique (si inexcusablement imparfait), de ta coquetterie (absolument ridicule), et de ta féminité (insérer ici une réflexion totalement déplacée et en public, sur la pousse de tes seins, tes problèmes d’acné, le volume de ton cul…), tout ça c’est, au choix : pour rigoler ou pour ton bien.
Donc si tu exprimes la moindre blessure, c’est que justement tu n’as pas d’humour ou que tu ne fais pas d’efforts. Alors on va t’en repasser une couche, pour que tu comprennes bien que tu as tort de protester.

Plus tard, quand j’ai rencontré des types gentils et attentionnés, je me suis demandé longtemps où était le piège. J’ai fini par comprendre que ça existait. Mais je ne crois pas que la méfiance m’ait jamais lâchée.

Il y a un point sur lequel je tiens à insister :
Quand on pratique cette forme de harcèlement à base de “petites” moqueries soit-disant sans conséquences, mais qui constituent un empoisonnement progressif et une destruction sournoise et répétée de l’estime et de l’image de soi d’une personne ; et que, de surcroît, on refuse d’admettre la souffrance que ça provoque, on enlève à cette personne, de la même manière progressive et répétée, son droit de se défendre et de se protéger.
Vous lui instillez la conviction que :
Les harceleurs ont le droit de se comporter comme ça.
Elle n’a que le droit de subir et se taire.

Demandez-vous si vous ne pratiquez pas ce genre de système relationnel.
Voire “éducatif”.
Et allez voir un psy.
Parce que lorsque vous détruisez quelqu’un, comme ça l’air de rien, c’est que vous avez des raisons de le faire qui sont VOTRE problème.
Pas celui de la personne que vous harcelez.
Il ou elle n’a pas à subir ça.
Et si vous refusez de regarder les choses en face, et que vous continuez, c’est que vous êtes une pauvre merde.

 

 

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Urssaf, mon amie…

Le 15 mai 2017, j’ai publié le courrier suivant sur FaceBook, mais pas ici.
Désormais, il est temps de le graver dans la mémoire de la Principauté, car aujourd’hui 16 juin, j’ai reçu une réponse ! Oui, médames-méssieux, une réponse ! Mais qui est mieux qu’une réponse ! C’est même la perle des réponses ! Simple, efficace et dépourvue de complications : un certificat INSEE avec mon numéro de Siret mis à jour.
Voilà, c’est fait.
Pas de formalités 11p, 16p, 54p et 80p, (ni fournir un bilan sanguin complet ou mes 17 dernières factures d’électricité !)
PrincessH et l'URSSAF
Merci, chère amie Urssaf, j’aime quand tu trouves toi aussi que c’est pas la peine de se compliquer la vie pour changer juste les 2 derniers chiffres en fin de siret…
(Sorry, Frank ! Ça sera pour une autre fois !)

“Allez ! Un petit mot d’amour à l’URSSAF… suivi d’un courrier de Franz KAFKA himself.

URSSAF, mon amie,

Tu trouveras ci-joint les résultats de ma pénultième tentative de te signaler mon changement d’adresse, afin de mettre mes coordonnées et mon SIRET à jour.
Et l’épreuve est longue et difficile, avec des obstacles, des péripéties, des retournements de situation. Heureusement, je ne suis pas sans avoir le goût de l’aventure, même si c’est de façon intermittente… Oui, parce que, quand même, j’ai un vrai métier (Si si ! artiste, c’est un métier, spa dingue ça ?) et je suis un peu occupée (contrairement à ce que dit une rumeur infondée, les artistes n’arrivent pas à vivre avec juste de l’amour et de l’eau fraîche, vaut mieux qu’ils bossent…)
De surcroît, entre le 20 juin de l’année 2016 où j’habitais encore Paris et aujourd’hui, j’ai déménagé 2 fois, avec un chantier d’appartement entre les deux.
Tu n’es pas sans savoir, chère URSSAF, que déménager et gérer un chantier, c’est quand même foutre le méga-gros bordel dans sa vie (surtout quand on change de région) et qu’on ne peut pas penser à tout.
Or doncques, à l’automne, je réalise que sur le site “Changement d’Adresse en Ligne”, si intelligemment proposé par Service-Public.fr himself ; l’INSEE ne faisait hélas pas partie des heureux gagnants de la liste, pourtant étendue, d’institutions que ce même site propose d’avertir toutes à la fois.
Ni de celle que j’avais faite à côté.
Et que donc, depuis 3 mois, mon numéro de SIRET n’est pas à jour.
Subséquemment, je me connecte au site de l’INSEE, sur le répertoire SIRENE, pensant naïvement que je pourrais tout simplement changer mes coordonnées grâce à mon n°de SIREN, puisque le répertoire est national.
Non, ç’aurait été trop simple. On me renvoie sur le CFE, qui lui, est beaucoup moins national. Et je ne sais pas auquel je dois m’adresser, puisque je suis répertoriée à Paris, mais que j’habite désormais à Lyon…

Je t’épargne le détail de mes errances, entre le temps qu’il a fallu pour piger c’est quoi le CFE et pourquoi il est mélangé à des tas de trucs, et le moment où j’ai compris qu’en fait, c’est à toi que je devais avoir affaire, et qu’il fallait que j’aille à CFE-URSSAF, au lieu de m’égarer sur CFE-CCI, ou même sur ton site à toi… (Oui, je suis navrée d’une telle ignorance, mais on ne s’est pas fréquentées du tout, toi et moi, ces 25 dernières années. A part la fois où j’ai posté mon chèque de charges sociales avec 2 jours de retard, l’année où tes services sont venus se coller-serrer à ceux de la Maison des Artistes.)
Mais je vais quand même te raconter comment je suis bêtement passée par ton portail en croyant que ça allait être simple. Ensuite j’ai cliqué “Indépendant”, “Mettre à jour mon dossier”…
Et tu m’as proposé gentiment de remplir le P2 PL – Cerfa n° 11931*02.
Dont la lecture n’est compréhensible que par ceux qui l’ont conçu et par ceux qui vont le traiter.
Mais certainement pas par ceux qui vont le remplir, parce qu’ils n’ont hélas pas fait jargon administratif première langue/dialecte : URSSAF.
J’ai essayé pourtant. Et puis je me suis dit : “Allons, nous sommes au XXIeme siècle, mortecouille ! Il doit bien y avoir quelque part une version numérique de cet immondice illisible, avec des pop-up explicatifs !”
Je ne te parle pas de la recherche hasardeuse dans le labyrinthe de ton site et de mes tentatives désespérées pour créer sans succès un espace personnel sur :
https://www.urssaf.fr/portail/home/services-en-ligne.html,
avec mon numéro de SIRET qui n’est pas reconnu, alors qu’il existe très officiellement. (Et depuis 25 ans.) (Je l’ai pas déjà dit, ça ?) (Comment se fait-il que tu sois chargée de mettre à jour les n° de SIRET, si tu ne les reconnais pas ?)

Et j’ai fini par arriver péniblement à la page :
https://www.cfe.urssaf.fr/saisiepl/
dont l’interface visuelle donne l’impression qu’on a basculé sans prévenir sur un vieux site pourri et obsolète qui daterait d’un autre millénaire.
Alors j’ai cru que j’étais encore pas au bon endroit.
Et je suis repartie me perdre ailleurs.
Je crois que c’est là que j’ai commencé à appeler tes services pour du radioguidage. Je dis ça, je dis rien.
Et ils m’ont ramenée sur cette page pourrie, en me disant “Si si ! C’est pas un fossile !”.
Fossile où se trouve, entre autres, une ligne : “artistes, auteurs, vendeurs à domicile” (amusant mélange) et un gros bouton “en savoir plus” au bout de la ligne.
Bêtement, je clique sur ce bouton. Oui, je suis assez visuelle, comme fille, en plus que c’est mon job. Donc gros bouton = contenu important = je clique.
J’obtiens un pop-up très sommaire (mais où j’apprends qu’on peut ajouter “taxis locataires” au précédent mélange). Et pour tout contenu me concernant réellement : un lien “Pour plus d’informations”.
Lien qui me renvoie sur une page (retour à l’interface nouveau millénaire !) qui m’explique comment débuter mon activité et tout le tintouin. Sauf que pour moi, c’est fait depuis… 25 ans.
Et nulle part on ne me dit : “vous exercez déjà et vous voulez mettre vos coordonnées à jour”
Je suis donc repartie errer dans les couloirs. Et j’ai rappelé encore tes services. (4 fois au total).

Qui m’ont reconduite à la page Fossile .
Où, au lieu du gros bouton bien visible, il fallait fouiller dans le petit menu tout pourri et peu lisible qui est à gauche.
Où j’ai enfin pu remplir un formulaire en ligne. Sans succès final. Malgré plusieurs essais. Pas moyen de valider.
Et là, j’en ai eu “un peu” marre, et j’ai laissé tomber, parce que comme je te l’ai dit plus haut, ma chère URSSAF, je n’ai pas que ça à faire dans la vie. Et j’avais le vague espoir que c’était un bug, et que j’allais recevoir une confirmation. Et puis non.
Et depuis, j’ai été bien occupée.

Et puis aujourd’hui, j’ai décidé de retenter l’expérience. Une pulsion masochiste, sans doute. Là, je ne vais même pas re-raconter le sketch pour retrouver la page. Pourquoi j’ai pensé qu’il fallait aller sur le site de l’URSSAF “services en ligne”, au lieu de cliquer sur CFE-URSSAF direct ? Je manque de bourrinitude, des fois.
Bref, je re-remplis le bazar (plusieurs fois, fallait bien que ça bugue, hein. Surtout ne pas mal taper son numéro de téléphone, parce qu’après le pop-up d’alerte ne veut plus lâcher prise) (Et on ne parle pas du captcha.) (Non, on n’en parle pas !)
Et, ô miracle, à part que j’ai pas la signature ou le certificat électronique qui va bien, ça a l’air de marcher. Je peux même imprimer la déclaration ci-jointe, et il est précisé qu’il suffit que je la signe et que je la renvoie, à l’adresse indiquée.

Sauf que pendant que je prépare l’enveloppe, je reçois l’e-mail ci-joint aussi, que m’a envoyé Franz KAFKA.

Je t’embrasse bien, chère amie URSSAF. Dis à Franz de m’appeler pour qu’on règle ça. Sinon, on n’est pas rendus.

Et maintenant, (roulement de tambours) Le Petit Mot de Franzounet :

CENTRE DE FORMALITES DES ENTREPRISES, le 15/5/2017, 14 heures 46
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Bonjour,

Le Centre de Formalites des Entreprises de l’URSSAF regionale de RHONE-ALPES vous informe que :

Votre declaration du 15/05/2017 referencee XXXXXXXX a ete refusee car :

Message de votre correspondant URSSAF :
merci de faire les formalites 11p
16p
54p et 80p pour valider votre demande

Si vous avez opte pour l’option EIRL, veuillez vous adresser à votre greffe competent pour proceder au
remboursement de votre formalite.

Cordialement

*********************************************************************************
* Ce message a ete genere automatiquement.
* Toute reponse a ce message ne pourra pas etre traitee.
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Voilà ! (Et un ptibizou pour ceux qui ont lu jusqu’au bout.)
Kafka, l'Urssaf & PrincessH#Urssaf #siret #Kafka #PrincessH

 

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Encore recalé…

… par la Croix. Mais “de peu” m’a-t-on dit. Ce que je trouve presque flatteur.


Pourtant, j’avais bien essayé de ne pas être frontale, d’être en mode “On pourrait considérer…”, avec zéro allusion à la transexualité, au mariage gay et tout ça…
Les zamis, on a encore de la route à faire avant d’autoriser les gens différents à simplement être ce qu’ils sont.
Que ce soit déstabilisant et que beaucoup aient besoin de temps pour se faire à l’idée que l’humain est moins binaire qu’on le croyait, je peux le comprendre.
Qu’on réagisse par une volonté de balayer ça sous le tapis, je trouve ça pathétique.
Que ça déclenche de l’agressivité et de la haine, voire pire, c’est une honte absolue.

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