LA CROIX : tabou

"Les services d'urgences", par PrincessH, pour La Croix du 30 juin 2022
Journal La Croix, 30 juin 2022.

Parmi les sujets à ne pas dessiner dans La Croix : l’avortement.

Je peux comprendre qu’on soit contre.

Mais j’aimerais qu’avant de se préoccuper d’amas cellulaires qui ne sont pas encore en état de penser leur propre existence, on se préoccupe de tous ceux qui sont arrivés à terme et qui se noient en Méditerranée, qui se prennent des missiles en Ukraine, qui meurent de faim au Yemen, qui se font cogner par leurs conjoint jusqu’à la mort, qui sont harcelés, violés, massacrés, etc., etc., etc.
(Mais évidemment, une partie de ceux-là sont probablement des métèques qui n’ont ni la bonne couleur, ni la bonne religion, ni le bon niveau socio-économique.)
(Alors que les embryons sont forcément tous de jolis petits bébés innocents, comme l’ont sûrement été Adolphe Hitler et Michel Fourniret)
(Oui, je fais des points Godwin si je veux.)
D’autre part, je remarque qu’on ne parle JAMAIS d’impliquer les hommes qui sont responsables de ces grossesses non désirées, pour qu’ils assument leurs responsabilités.
Quand ils sont absents, on ne se donnera JAMAIS la peine de les identifier.
Mais on n’oubliera pas de stigmatiser et culpabiliser les femmes qui ont eu l’arrogance d’avoir une sexualité et qui se retrouvent enceintes alors qu’elles ne le souhaitent pas. 
Ce sont toujours elles (ah les salopes !) qu’on voudra forcer à bouleverser leur vie et leur corps pour toujours et contre leur gré.
Pendant que ces messieurs continueront à ne pas assumer la contraception et à tremper leur nouille en toute impunité.

Comme dit l’excellent Baptiste Beaulieu : « … Si chaque fois qu’un homme jouissait avec une femme en engageant son corps / sa santé / sa responsabilité / sa carrière pour les 80 ans à venir, on pourrait lire aux frontons des mairies : « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ IVG »

Et j’ajouterai que si c’était le cas, la contraception masculine serait financée et développée jusqu’au sublime.

Bizou à tous ceux qui ne se comportent pas comme ça, qui ont compris qu’ils sont fertiles 100% du temps, quand les femmes le sont seulement 3 ou 4 jours par mois, et qui ont entendu parler de capotes et de vasectomie.

Bref, j’ai dessiné sur les services d’urgences qui s’effondrent sous la charge. C’est pas gai non plus, mais à La Croix, ça passe mieux.

Oui, pardon, je me suis énervée.

Lucky me

Moi, dans la vie, j’ai plutôt une bonne santé. La dernière (et seule) fois que j’ai pris un arrêt-maladie, c’était en 1988. Mais à l’époque, j’étais salariée.
Quand on est indépendant, on travaille même avec 40° de fièvre. Heureusement, ça a dû m’arriver 2 fois en 30 ans parce que, même patraque, j’ai beaucoup de mal à dépasser 36,5°. Mais ces 2 fois, j’ai réussi et ça reste un sale souvenir. Et pourtant, ça ne m’est même pas venu à l’idée de demander un arrêt de travail.

Depuis Internet, sur les rézosocios, je lis les témoignages de mes camarades indépendants moins chanceux que moi côté santé.
En particulier ceux des femmes qui vont avoir un bébé, qui envoient des demandes de congés maternité, avec dossier complet+articles de loi à l’appui qui confirment que bien qu’elles ne soient pas salariées, elles ont droit à ce qu’elle demandent.
Et s’en suivent des relations kafkaïennes avec la Sécu qui ne cesse de leur demander des pièces déjà fournies et de leur poser des questions absurdes qui semblent démontrer que les dossiers qu’elles ont fournis n’ont probablement pas été lus, ou ont été démantelés et/ou perdus…
En général, les gamins entrent au collège quand elles commencent à toucher quelque chose.

Il se trouve qu’il y a 2 ou 3 semaines, un médecin m’a fait un arrêt de travail (une histoire de genou en cobalt…), et je me suis dit : « Tiens ? Si j’essayais pour voir ? »
J’ai donc rempli les papiers, en cochant soigneusement la case : « travailleur indépendant. »

Et hier, j’ai reçu ça.

A aucun endroit, on me demande si je n’ai pas un autre statut. Statut pourtant présent (et déjà coché !) sur le formulaire initial.


(Et je remarque aussi que le demandeur d’emploi est censé avoir au moins 4 bulletins de salaire à fournir. Alors qu’il doit bien y avoir des demandeur d’emploi débutants qui n’ont pas encore eu de bulletins de salaire ?)
(Mais peut-être qu’ils n’ont pas le droit d’être malades pendant leur recherche de premier emploi ?)
(Et ceux qui n’ont que 3 bulletins de salaire ?)


Bref ! J’attends la suite avec curiosité.


Le corps, ce champ de bataille…

J’ai eu participé hier à une discussion sur FB, à propos de la grossophobie. Ça m’a fait penser à ce dessin qui figure dans « Ménopause, début d’une nouvelle vie »
Je me souviens qu’on était à la fin du bouquin, j’étais épuisée, et il restait une dernière page blanche. J’en avais marre, et j’ai dit : « On peut bien avoir une page vide ! », et les filles m’ont dit : « Naaaan, steupléééé !… »
Alors à l’arrache, j’ai fait ça.
Et je pense que ça fonctionne à n’importe quel âge, et pour n’importe quel sexe.
Ne laissez pas les autres vous dire que vous devez détester votre corps.
Qu’ils s’occupent de leurs culs.
Votre corps est à vous, il est ce qu’il est. Prenez le temps qu’il vous faut pour vous réconcilier avec et en prendre soin, il vous le rendra.

La Croix : un monde moderne

Le tribunal du web

Publié dans La Croix du 19 février 2020

J’ai du mal à comprendre qu’on fasse encore des vidéos intimes et des photos coquines, quand on entend si souvent parler de revenge porn et/ou de piratage des données de la vie privée.
Encore plus quand on est une personnalité publique, donc extrêmement susceptible d’y être exposé. Là, c’est pas très malin, pour dire les choses gentiment.
Mais qui qu’on soit, il est profondément injuste de ne plus avoir le droit d’être simplement humain et faillible, et de se retrouver éviscéré par un tribunal de juges invisibles, voire anonymes…
On a déjà vu le karma à l’oeuvre.
Remember la Ligue du LoL (trop satisfaits d’eux-même pour être anonymes, ceux-là !), ou les trolls qui ont fini au tribunal après des menaces de viol et de mort sur des femmes journalistes, et d’autres.
Faisez gaffe, les gens.
Evitez les photos à poil, et les jugements hâtifs sur les erreurs des autres.

ChronoFuckingPost

Ça, c’était en 2013.
En 2019, Chronopost a dû perdre mon adresse mail, parce que j’ai eu un avis de passage dans la boite à lettres.
Alors que j’étais chez moi, que l’interphone fonctionne parfaitement, et qu’on peut se garer sans problème devant l’immeuble.
Ma carte bancaire en « envoi sécurisé » a fini au relais-colis de la supérette du coin, entre les cartons de raviolis, les boites de petits pois et les colis de La Redoute.

Une autre fois, je parlerai des SAV et des call-centers, et de toutes les Jenny qui s’y reproduisent.