Recalé

La Croix a dit non. Je suis pas étonnée. Je crois que le mieux, c’est de ne plus parler de ce type. Mais quand même, la question de Victor, je me la pose aussi.
Je me demande si ce garçon ne souffre pas d’un dévoiement spectaculaire d’un syndrome post-traumatique gravement infecté, avec atteinte cérébrale sévère.
Non, sérieux, je me demande.
Et aussi pourquoi il n’a pas changé de nom de famille pour s’appeler Dupont ou Durand.

Sinon, il y a belle lurette que j’ai cessé de regarder les émissions qui l’invitent. C’est pas près de changer.

Caca et Zemmour

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Rions un peu…

Les Minimas sociaux, c'est la paix sociale.

Paru dans la Croix, le 21 juin 2018

Et si on les augmentait, les minimas ? Ça permettrait aux bénéficiaires de dépenser un peu plus, donc de réinjecter un peu plus de blé dans l’économie…
Genre même, on pourrait instaurer un revenu universel de base? Ça serait pas une bonne idée, ça ?…
Peut-être que ça permettrait aux gens d’être « moins pauvres », et d’avoir plus de facilités pour améliorer leur vie ?
Genre ils auraient un peu plus les moyens de « se responsabiliser », au lieu d’être enfermés dans une logique de survie avec un pauvre pécule insuffisant ; tout en se sentant méprisés par des gens blindés de blé, qui ont toute légitimité pour expliquer aux pauvres qu’ils font exprès d’être pauvres, et qu’ils profitent de l’argent public comme des parasites.
Moi, j’aurais tendance à penser que puisque la puissance publique n’a pas su empêcher leurs jobs de disparaître et l’économie de vouloir fonctionner avec de moins en moins de bras, la puissance publique leur doit quelques compensations, non ?

Ou alors, la puissance publique pourrait essayer de voir comment elle arrive à vivre et à se développer professionnellement, avec 450 balles par mois.

#JDCJDR.

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Questionnement…

Esclave des écrans

publié dans la Croix, jeudi 14 juin 2018

Internet, les ordinateurs, le numérique, c’est extraordinaire… Et extraordinairement envahissant et toxique.
Jusqu’où peut-on vivre cette distorsion de tous les jours, toutes les heures, tout le temps ?
Cette abolition des distances, cette accessibilité immédiate et sans filtres, cette dévoration du temps, de la disponibilité, ce torrent sans fin d’informations qu’il devient de plus en plus prudent de vérifier auprès de multiples sources…
Quel est le sens de tout ça ?
Ça nous mène à quoi ?
A part assister quasi en direct à toutes les monstruosités du monde, et prendre la mesure à la fois de notre impuissance, de notre responsabilité… Et du pouvoir anesthésique de l’horreur en continu.
Quel temps reste-t-il pour juste être soi ?
Ou au moins essayer d’y penser ?

Avec le métier que je fais, je ne peux pas couper ma connexion… Pourtant, j’y foutrais bien le feu de temps en temps. Souvent, même.

Alors je repense au quatrième accord toltèque qui dit « Fais de ton mieux » et à cette phrase de je ne sais plus qui : « Soyons heureux, parce que tout ceux qui vivent en enfer s’efforceraient de l’être à notre place… »
Mais c’est pas fastoche tous les jours.

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De l’humour.

https://www.nouvelobs.com/societe/20180421.OBS5560/la-boule-au-ventre-je-n-ai-rien-ose-dire-a-mes-enfants-face-au-sketch-les-chinois.html

Moi, Gad Elmaleh me fait rire, normalement. Kev Adams, c’est un peu moins ma tasse, mais pourquoi pas.
Sur ce coup-là, il semble qu’ils fassent souffrir des gens.
Et pour une fois, j’ai même pas besoin d’avoir vu le sketch pour avoir un avis.

il s’agit de cet éternel processus qui consiste à « faire de l’humour » tout en disant à celui que ça blesse que c’est lui qui a tort…
C’est le même mécanisme qui est à l’oeuvre quand, par exemple, une femme (ou qui que ce soit) a subi des attouchements, et qu’on lui ordonne de ne pas trouver ça grave (#puisque t’as pas été violé(e) !).

Un autre exemple tout bête (il ne s’agit pas d’humour, mais ça marche pareil) : le ventre des femmes enceintes. Le nombre de gens qui se croient autorisés à le toucher sans demander, alors que jamais ils ne se permettraient (ou même n’auraient l’idée !) de toucher le ventre de la même personne si elle n’était pas enceinte ? (Et même, si on leur proposait de le faire, ça les choquerait !)
Mais voilà.
« C’est pas pareil, et puis c’est pas méchant de toucher une femme enceinte contre son gré, alors c’est pas grave ! »
Donc, la femme enceinte n’a pas le droit de trouver choquant, intrusif et malpoli, qu’on prenne une partie de son corps pour un doudou universel en libre-service…

Moi, j’ai grandi dans une famille qui balançait des vacheries tout le temps, des trucs bien blessants, bien humiliants, des bonnes vieilles saloperies… avec ce même discours à base de « C’est de l’humour, tu es bien chochotte ! ». (L’autre argument étant : « C’est pour que tu t’améliores ! »)
Et si tu manifestais que tu étais blessé(e), c’était encore pire.
Parce qu’ils étaient très nombreux.
Alors forcément, ils se cautionnaient les uns les autres, et ils s’y mettaient à plusieurs.
Il y avait même une revendication de « culture familiale ». C’était « L’esprit J… ».
(Moi, je sais pas comment étaient les J…, j’ai connu que les P… et ce qu’ils en faisaient de cet esprit J…)
Mais donc l’ambiance globale, c’était : « On est beaucoup à trouver ça très drôle, donc ça l’est. Si tu n’es pas d’accord, c’est forcément toi qui as tort ».
Ils avaient un public, en quelque sorte.
JDC, JDR.

Du coup, moi, j’ai appris à faire pareil, et à attaquer la première.
Pour survivre.
Je suis devenue comme eux. Une langue de vipère pleine d’humour. « Pleine d’esprit », disait-on. Je suis même arrivée dans le peloton de tête parce que je suis douée avec les mots.

Jusqu’à ce que mes copains d’adolescence me disent :
« Toi, tu dis toujours des vacheries, ça tape toujours dans le mille, et ça fait super mal ! »
Et ma première réaction a été de me dire : « Ouais, mais c’est drôle ! »
Et d’être emmerdée de, peut-être, devoir y renoncer.
Quand j’y repense, j’ai un peu la nausée.

C’est qu’ils étaient précieux pour moi, ces copains d’adolescence. Parce qu’il m’avait fallu des années pour les avoir. Les enfants précoces, dans la cour de l’école, ça connait surtout la solitude et l’exclusion. J’ai passé mes années d’enfance, toute seule au bord de la piste, à regarder les autres jouer, vivre, et rigoler ensemble, en me demandant comment ça marchait, et à quel moment j’y arriverai moi aussi.
Et là, j’étais enfin sur cette piste. En train de dézinguer les gens qui m’y avaient accueillie.

Alors ma deuxième réaction a été :
« Ils ont raison, et tu sais parfaitement le mal que tu leur fais, parce que c’est le mal qu’on te fait, à toi, tous les jours depuis 16 ans. Donc non, c’est pas « drôle », et tu es la mieux placée pour le savoir… »

Et j’ai arrêté.
La langue de vipère est toujours là, prête à l’emploi. Ça m’arrive de m’en servir en cas de situation extrême.
Mais j’ai décidé que les violences verbales et psychologiques n’étaient pas un mode de communication tolérable.
Et que lorsque quelqu’un dit « Tu me blesses », il y  a quelque chose à écouter.
Tout de suite.

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