La Croix : colère et apaisement

Le premier dessin a été recalé parce que trop plombant… Ce qui se comprend.
Mais ces histoires me mettent tellement en colère, qu’il fallait que je le fasse pour évacuer la rage. Ça faisait écran à toute autre idée.

Après, pour me désinfecter l’âme, je suis allée faire un tour chez Monet, à Giverny.

Balkany, France Telecom, harcèlement
.Recalé par La Croix
Publié dans La Croix, le 23 mais 2019
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La Croix : Harcèlement

La Croix a publié cet article, lundi dernier. Le lundi, c’est le jour où je commence à chercher des idées pour livrer un dessin dans les 48 heures, qui sera publié le jeudi.
Evidemment, ce texte m’a renvoyée à ce thème récurrent du harcèlement sexuel… Ça fait 4 fois que je dessine là-dessus, mais je pourrais en parler toutes les semaines.
On croit que les gens ont compris… Mais en fait, non.
Depuis des années, on lit des articles dans la presse sur le harcèlement sous toutes ses formes : psychologique, sexuelle, scolaire, au travail…
Et en 2019, on découvre La Ligue du LOL. Des journalistes. Qui bossent dans les médias qui ont publié ces articles.
Bravo les gars.
Ah oui, pardon, vous étiez jeunes et cons ?
Et vous vous excusez ?

Moi, j’ai un problème avec les excuses.
J’ai été harcelée psychologiquement pendant une très longue période de ma vie. Au bout de laquelle, j’ai reçu de vraies excuses. Des excuses spontanées, pas issues d’une révélation publique qui mettait le harceleur en difficulté socialement. J’ai eu droit à une vraie demande de pardon de sa part, phénomène probablement rare, issu d’un long travail sur lui-même.
Mais les excuses, ça n’est pas magique. Ça ne répare pas 25 ans de dégâts accumulés.
Pour ça, il a fallu plus de temps, et un vrai comportement au cours des années qui ont suivi, de la part de mon harceleur pour réparer ce qui pouvait l’être.
Je dis bien ce qui pouvait l’être…
Parce que des choses ont été perdues à jamais.
Et aujourd’hui encore, malgré le pardon que j’ai accordé tout aussi sincèrement, je mesure tous les jours à quel point ma vie a dévié de ce qu’elle aurait pu être, et à quel point les traumas sont toujours actifs sous la surface.
Je fais avec. Ils définissent aussi qui je suis devenue, ils alimentent mon travail et mon rapport au monde.
Mais ça ne veut pas dire que c’est facile ou comfortable.
Et je sais qu’ils me suivront jusqu’au bout de ma vie.
Mon harceleur aussi porte le poids de ses actes. Parce que lui ne s’est pas comporté comme ça parce qu’il se trouvait tellement brillant et drôle, et qu’il lui fallait un faire-valoir pour le démontrer.
Il a fait ça parce qu’il vivait une souffrance dans laquelle il se sentait tellement piégé, qu’il l’a projetée sur moi, parce qu’il pensait n’avoir pas d’autre exutoire.
Et devenir un bourreau n’a fait qu’ajouter à cette souffrance.
Le poids de la honte d’être ce type-là.
C’est pas tout à fait la même chose que de maltraiter des gens, pour pouvoir se pavaner devant des copains et des suiveurs hilares. Voire pour des raisons carriéristes…

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La Croix : Vocabulaire

LaCroix 80-harcèlement again VocabulaireC’est marrant, en vrai, on ne répond jamais ce genre de choses à quelqu’un dont on a volé la voiture, ou cambriolé l’appartement…

<edit 12h00> On m’informe que j’ai eu mes 25 secondes de célébrité ce matin, dans la revue de presse de Frédéric Pommier sur France Inter (à 3.35)…

<edit 3 nov 2017> Rions un peu : on m’informe que ce dessin a été republié dans l’Osservatore Romano et le Corriere Della Sera.
Vais-je être payée un peu plus ? Vous le saurez quand je vous le dirai !

Et une petite traduction pour les non-francophones, (with a little help from my friend Teresa !

Vocabulary and Harrassment

Published in La Croix, nov. 2017

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La Croix : #Metoo

J’avais déjà publié ce dessin ici, avec un dialogue différent, mais pour des raisons similaires. A l’époque, c’était à propos du comportement de certains de nos députés et hommes politiques
J’ai modifié les textes (et un petit détail graphique !), pour la parution d’aujourd’hui dans La Croix.
Mais hélas, c’est toujours la même chose…

Harcèlement sexuelEt puis sur Facebook, ces jours-ci, j’ai publié le texte suivant :

#metoo
Hélas, je ne crois pas qu’une seule d’entre nous ait échappé à cette expérience.

Et parfois, le harcèlement commence dans ta famille, avec l’infinie et quotidienne liste de petites humiliations, à propos de ton physique (si inexcusablement imparfait), de ta coquetterie (absolument ridicule), et de ta féminité (insérer ici une réflexion totalement déplacée et en public, sur la pousse de tes seins, tes problèmes d’acné, le volume de ton cul…), tout ça c’est, au choix : pour rigoler ou pour ton bien.
Donc si tu exprimes la moindre blessure, c’est que justement tu n’as pas d’humour ou que tu ne fais pas d’efforts. Alors on va t’en repasser une couche, pour que tu comprennes bien que tu as tort de protester.

Plus tard, quand j’ai rencontré des types gentils et attentionnés, je me suis demandé longtemps où était le piège. J’ai fini par comprendre que ça existait. Mais je ne crois pas que la méfiance m’ait jamais lâchée.

Il y a un point sur lequel je tiens à insister :
Quand on pratique cette forme de harcèlement à base de « petites » moqueries soit-disant sans conséquences, mais qui constituent un empoisonnement progressif et une destruction sournoise et répétée de l’estime et de l’image de soi d’une personne ; et que, de surcroît, on refuse d’admettre la souffrance que ça provoque, on enlève à cette personne, de la même manière progressive et répétée, son droit de se défendre et de se protéger.
Vous lui instillez la conviction que :
Les harceleurs ont le droit de se comporter comme ça.
Elle n’a que le droit de subir et se taire.

Demandez-vous si vous ne pratiquez pas ce genre de système relationnel.
Voire « éducatif ».
Et allez voir un psy.
Parce que lorsque vous détruisez quelqu’un, comme ça l’air de rien, c’est que vous avez des raisons de le faire qui sont VOTRE problème.
Pas celui de la personne que vous harcelez.
Il ou elle n’a pas à subir ça.
Et si vous refusez de regarder les choses en face, et que vous continuez, c’est que vous êtes une pauvre merde.

 

 

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